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Multiusage de l’eau et gestion intégrée à l’échelle régionale

Ce projet prolonge l’étude Transition énergétique et Multiusage de l’eau (2024–2025) en l’étendant à cinq communes de l’adret du Valais central, sur les bassins versants de la Morge, de la Sionne et de la Lienne (Arbaz, Grimisuat, Ayent, Savièse, Sion). Dans une région où les petits bassins karstiques, les transferts d’eau par bisses et conduites, et le découpage communal ne coïncident pas, la gestion classique « par bassin versant » atteint ses limites. L’objectif est de quantifier ressources et usages (eau potable, irrigation, énergie hydroélectrique et thermique, tourisme, patrimoine), d’y ajouter un volet gouvernance, et de proposer un concept de gestion régionale fondé sur un espace fonctionnel combinant bassin versant, bassins d’usage et limites communales.

Durée du projet : 05.2025–05.2026

Résultats

Évolution des ressources

La ressource future a été évaluée pour chaque sous-bassin versant avec les données de grille Hydro-CH2018 (RCP 8.5, horizon 2085). Sur le bassin versant de la Sionne, où une mesure de débit OFEV existe et où les usages anthropiques ont pu être estimés (voir projet Transition Energétique et Multiusage de l’eau), ce calcul a été complété par une modélisation hydrologique fine (en utilisant le logiciel RS MINERVE) calibrée sur les débits naturalisés de 2021 (cf Figure 1). Faute de données équivalentes ailleurs, la ressource sur les autres sous-bassins repose sur Hydro-CH2018 seul.

Les résultats des projections sont cohérents entre sous-bassins versants avec une hausse hivernale, une forte baisse estivale (de l’ordre de −60 % en juillet), et un étiage qui passe de l’hiver à la fin d’été. Les bassins de tête sont les plus touchés, en particulier la Morge amont (jusqu’à −70 % en juillet) du fait de la disparition du glacier de Tsanfleuron, et les sources karstiques de la Lienne alimentées par les glaciers de la Plaine Morte et du Wildhorn. Sur la Sionne, là où les moyennes sur 30 ans d’Hydro-CH2018 lissent le signal (cf Tableau 1), RS MINERVE montre que les étiages de fin de siècle seront potentiellement plus sévères que ceux de 2003 et 2022, un pic de fonte printanier conséquent ne suffisant pas à éviter une sécheresse estivale extrême (cf Figure 2).

 

Tableau 1 : Changements (%) mensuels et annuels de la ressource en eau sur les bassins versants amont à l’horizon 2085 pour le scénario RCP8.5 par rapport à la période de référence (1981-2010) à partir du jeu de données Hydro-CH2018.

Figure 2 : Simulation de la ressource en eau de la Sionne à Sion avec le modèle RS Minerve, pour les années 2003, 2022 et l’année avec l’été le plus sec de 3 simulations à l’horizon 2085 (période de 30 ans) du scénario RCP8.5 issues des scénarios climatiques suisses CH2018 (2 simulations extrêmes sec et humide, et la simulation médiane). L’année 2021 a aussi été ajoutée pour comparaison.

Usages et bilans

Les flux ont été cartographiés par commune et les bilans mensuels établis sur l’année 2021. La consommation passe du simple au double entre l’hiver (≈ 300 000 m³/mois) et l’été (500 000–650 000 m³/mois), portée par l’irrigation. La comparaison intercommunale révèle de fortes disparités, notamment des pertes réseau de 12 % (Sion) à plus de 50 % (Ayent, Savièse), traduisant aussi un manque de mesures fiables.

 

Gouvernance et concept régional

Le diagnostic de gouvernance décrit un système éclaté entre cinq communes, un opérateur (OIKEN) et de nombreux consortages, perçu comme fonctionnel mais peu formalisé à l’échelle régionale et lacunaire pour l’irrigation. L’étude conclut que ni le bassin versant ni l’infrastructure ne constituent ici un territoire de gestion pertinent : seul un découpage intercommunal, intégrant tous les usages, fait sens. Elle recommande une intégration progressive (monitoring, planification, gouvernance des données) et évalue plusieurs structures de pilotage, dont une Commission locale de l’eau, basé sur le modèle français.

Figure 4 : Estimation des apports au lac de Louvie et des volumes disponibles au niveau des prises d’eau sur les torrents latéraux (apports au lac de Louvie inclus) pour la période de référence (1981-2010) et à la fin du siècle (2070-2099) selon le scénario à forte émission de gaz à effet de serre (RCP 8.5), selon les données d’Hydro-CH2018.

Qui a travaillé sur ce projet ?

  • HES-SO Valais-Wallis / STREAM (G. Houillon, F. Mettra, T. Rey, E. Neveu)
  • CIRM / UNIL (E. Reynard, S. Rondi)
  • Communes d’Arbaz, Grimisuat, Ayent, Savièse, Sion ; OIKEN

Financement: Projet interinstitutionnel PInter (Service des hautes écoles / Canton du Valais)

Valorisation

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