Crues et dangers naturels : comment le Valais anticipe les risques

Un webinaire organisé par BlueArk et Alpiq le 15 juin dernier a réuni trois experts autour d’une question centrale : comment mieux anticiper les crues et les dangers naturels ? Entre outils de modélisation, retours d’expérience de terrain et rôle des aménagements hydroélectriques, les intervenants ont dressé un tableau complet des moyens à disposition des collectivités.

Marie Arnoux, hydrogéologue au CREALP (Centre de recherche pour l’environnement alpin), a ouvert le webinaire en rappelant la diversité des dangers naturels liés à l’eau en Valais : avalanches, laves torrentielles, glissements de terrain, vidanges glaciaires ou encore remontées de nappes. Pour elle, la démarche est toujours la même. « Il faut d’abord comprendre le système, identifier les variables clés à suivre dans le temps, puis mettre en place des seuils d’alerte et d’alarme ».

Le CREALP opère ainsi un système de prévision des crues qui s’appuie sur plusieurs centaines de modèles hydrologiques tournant en temps réel pour couvrir l’ensemble du canton. Ces modèles intègrent les prévisions de MétéoSuisse et sont réactualisés toutes les trois heures, produisant jusqu’à 34 simulations par jour sur un horizon de dix jours.

Evolène face aux crues de 2024

Patrick Sierro, vice-président de la commune d’Evolène, a partagé son expérience de chef d’état-major lors des intempéries de juin 2024. Dès les premières alertes, la commune a mis en place un suivi renforcé, fermé les accès aux rives de la Borgne et procédé à des évacuations préventives. « On avait par chance un ou deux chantiers sur la commune où on a pu intervenir rapidement avec des machines, mais ça a quand même pris dix à douze heures pour canaliser cette eau », a-t-il expliqué.

Les dégâts ont été considérables : routes emportées, réseau d’eau potable arraché, bâtiments endommagés. Pendant près de deux mois, la commune a dû alimenter ses réservoirs par camions, distribuer 17 000 bouteilles d’eau et tirer 3,5 km de conduites provisoires. La facture totale a dépassé les 10 millions de francs, pour une commune dont le budget annuel est de 15 millions. Depuis, deux nouvelles stations de mesure ont d’ailleurs été installées récemment sur la Borgne, en amont du camping des Haudères, pour renforcer le dispositif d’anticipation.

Le rôle des aménagements hydroélectriques

Nicolas Adam, d’Alpiq, a rappelé pour sa part que les crues représentent 30 % des catastrophes naturelles mondiales et a insisté sur le rôle que jouent les barrages dans la gestion de ce risque. En stockant une partie des débits de pointe, les aménagements hydroélectriques permettent de « laminer » les crues et de réduire les dommages en aval. Il a également souligné que le réchauffement climatique et l’urbanisation croissante du territoire augmentent mécaniquement l’exposition aux risques, pour une même probabilité d’occurrence.


Les trois intervenants ont convergé vers le même constat : la gestion des crues repose sur un enchaînement logique entre observation, modélisation, prévision et action. La plateforme Guardaval centralise aujourd’hui ces informations en temps réel pour les opérateurs valaisans.

Informations complémentaires

Propos recueillis le 15 juin 2026 lors du webinaire Alpiq X BlueArk
Voir le replay intégral du webinaire : https://youtu.be/QUJzLYK7EQY

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